Le logement, un enjeu d’avenir pour Voreppe

Le constat

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Les résultats des derniers recensements montrent que la population de Voreppe a baissé [1] malgré plus de 200 logements construits ces six dernières années.

Oui, Voreppe perd de la population !

Le manque d’anticipation de l’équipe municipale précèdente qui a délaissé les projets urbains, a induit la fermeture de 7 classes dans les écoles depuis 2008. Sans parler d’une fréquentation à la peine du cinéma, de la médiathèque, de la piscine, des commerces, lesquels pourraient se retrouver sous-utilisés à terme.

L’enjeu pour le quotidien de tous est fort, et nous affirmons que seule une politique de logement structurée et diversifiée permettra d’y répondre. Il en va de la survie de nos services et équipements, de nos commerces, de tout ce qui permet à notre ville de rester dynamique et attrayante.

Ne pas y répondre, c’est condamner une grande majorité de jeunes, familles et personnes âgées désireuses de vivre dans notre commune à aller chercher ailleurs. Est-ce souhaitable ?

Les besoins

L’enjeu est bien de disposer à Voreppe de logements pour toutes les situations. Il est de la responsabilité collective d’organiser cette chaîne du logement, public et privé, tout au long de la vie des Voreppins : commencer dans un tout premier petit logement d’amoureux, avoir un logement plus grand pour accueillir ses enfants, avec ou sans jardin, et, enfin, choisir son logement à la retraite suivant ses capacités physiques et financières.

Or se loger coûte de plus en plus cher et la crise économique que nous subissons aggrave la situation de plusieurs catégories de nos concitoyens. Parmi elles :

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  • les jeunes en premier lieu qui démarrent dans la vie et qui peuvent connaître le chômage ou avoir de faibles salaires en début de vie professionnelle,
  • les familles qui n’ont généralement pas les moyens d’acquérir d’emblée une maison, et qui peuvent connaître par ailleurs des accidents de la vie (divorce, licenciement,…),
  • les personnes âgées qui, ne pouvant plus assurer l’entretien de leur maison devenue trop grande (tondre, tailler les haies, faire le ménage,…) ou ayant de réelles difficultés financières du fait de leurs petites retraites, souhaitent trouver un logement plus petit et plus central, à proximité des services et des commerces.

Ainsi, l’on compte en moyenne près de 300 ménages demandeurs d’un Habitat à Loyer Modéré à Voreppe (1700 dans le Voironnais et 26 000 dans l’ensemble du département de l’Isère) à la recherche d’un loyer adapté à leurs revenus.

L’enjeu est d’offrir un réel choix pour tous les habitants suivant leurs désirs et leurs possibilités.

Un effort de construction est donc nécessaire. Le débat peut porter sur son intensité.

Les solutions ?

Au discours de repli (construire moins avec moins de logements sociaux) et de modèle unique de type de logement (maison individuelle) comme le promeut l’opposition en conseil municipal, les conséquences de ce genre de position doivent être analysées pour Voreppe.

Construire moins ?

  • en dessous de 35 à 40 logements par an, la population de Voreppe va continuer à diminuer, entraînant de nouvelles fermetures de classes, voire d’écoles, et, à terme, des services et équipements sur-dimensionnés et donc menacés, des commerces moins fréquentés…
  • avec 40 à 50 logements par an, Voreppe stabilise sa population voire croît très faiblement de quelques ménages. Les possibilités offertes par les acteurs du logement resteront sur des modèles onéreux de logements (question de rentabilité du marché). Le coût des logements sur Voreppe restera tel qu’ils ne seront accessibles qu’à une portion très faible de la population comme c’est le cas aujourd’hui (couples à hauts revenus déjà bien installés dans la vie, dont les enfants sont déjà grands par exemple).
  • Au-delà de 55 logements par an, valeur imposée par le SCOT, les opérateurs du logement ont tout intérêt à proposer une offre diversifiée s’ils veulent maintenir un certain équilibre entre leur offre et la demande. Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) affiche un objectif de 70 logements par an pour favoriser cette diversité, avec une croissance modérée de la population : 11 000 habitants à échéance de 2025 (au lieu de 2015 comme prévu par l’ancien document d’urbanisme, le POS, voté en 2000, révisé en 2004). En appliquant concrètement les outils déclinés dans le PLU, on peut alors espérer combler notre retard de développement et maintenir nos niveaux de services et équipements sur la commune.

Afficher un objectif de 70 logements par an permet d’inverser la tendance actuelle constatée à Voreppe et de proposer des possibilités de logement pour toutes les tranches de population.

La maison individuelle comme seul modèle ?

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La maison individuelle a toute sa place dans la chaîne de logement, mais axer la politique de logement essentiellement sur elle n’est pas souhaitable.

En s’appuyant sur ce seul modèle dominant, Voreppe va inéluctablement continuer de s’étendre dans la plaine, comme cela a été constaté sur ces dix dernières années.
En France, c’est l’équivalent d’un département qui disparaît par urbanisation tous les dix ans.
A Voreppe, ce sont 63 hectares de terres agricoles ou naturelles qui ont été ouvertes à l’urbanisation entre 2000 et 2010.

C’est la coupure verte, nos espaces de respiration, nos terres agricoles et ceux qui les exploitent qui sont à terme menacés.

Autant d’espaces qui nous sont chers et qui sont notre patrimoine commun.

Par ailleurs, si c’est le rêve de beaucoup, la maison individuelle demeure inaccessible ou inadaptée à nombre de nos concitoyens (jeunes, anciens, personnes célibataires ou famille mono-parentale,..). Et même pour celles et ceux pour qui ce type d’habitat est envisageable, là aussi, l’accès n’est pas immédiat. Des étapes sont nécessaires (parcours résidentiel).

La réponse à la problématique du logement repose donc sur une offre de mixité du parc d’habitation, intégrant la construction de petits collectifs, seuls à même de permettre une baisse des coûts à l’achat et d’offrir une solution tant fonctionnelle que financière pour ceux qui en ont besoin.

Notre position

Nous avons donc proposé dans le PLU un plan d’action pour garder le Voreppe que l’on aime. Sans dogmatisme et en tenant compte des conséquences induites par telle ou telle alternative.

Une ville qui construit est une ville qui vit et qui accueille jeunes et moins jeunes désireux d’y rester ou de venir y habiter, contribuant ainsi à son dynamisme !

Les critiques de notre projet pour Voreppe sont acceptables du moment qu’elles portent sur une vision globale et qu’elles cessent de répondre à des sollicitations particulières, au fil de l’eau, sans cohérence.

Nous attendons toujours l’expression d’une alternative construite, globale, réaliste et détaillée de la part de l’opposition qui tienne compte des enjeux pour Voreppe.

Nous l’avons fait. Pas eux.


Note de bas de page

[1] 9742 habitants en 2011, 9696 en 2013. C’est la première fois qu’une baisse de population est enregistrée depuis 1954.

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