Ce que l’on a trouvé en arrivant en 2008 …

loupeL’action d’une municipalité s’appuie forcement sur celle de ses prédécesseurs. Continuité républicaine mais surtout sens de l’intérêt général pour Voreppe, les études engagées à un moment doivent être poursuivies, modifiées voire finalisées.

Élus en 2008, nous nous sommes donc penchés sur les projets en cours ou prévus, sur les structures de contrôle d’exécution du budget permettant d’y arriver et sur la vision à long terme portée par Voreppe par rapport à ses partenaires extérieurs, dont la CAPV.

Eglise_romane_enneigéePour l’intercommunalité, nous savions déjà que le repli sur soi, le désintérêt des élus en place, avaient rendu Voreppe inexistante à la CAPV. Nous partions donc en reconquête de notre place de deuxième ville du Pays Voironnais. Et nous partions de loin…

Mais le pire restait à venir. Dans l’administration de Voreppe même, aucune vision, aucune anticipation et un laisser-faire coupable qui nous a mis à mal lorsque la crise fut venue.

Sur la vision de long terme tout d’abord. Aucune anticipation des investissements à mener. Pas de plan pluriannuel d’investissement et encore moins d’analyse de l’évolution des besoins quotidiens (en fonctionnement) de la commune. Comme si les décisions étaient prises à la petite semaine, à vau-l’eau.

Une politique d’investissement (privé et public) doit être menée dans le temps, planifiée, organisée. Avec des objectifs clairs, toujours portés par l’intérêt pour les Voreppins. Ainsi, par exemple, le trou d’air que la commune a connu en terme d’investissement sur le logement, qui a conduit à une stagnation de la population et la fermeture de 7 classes depuis notre arrivée, est dû non seulement à la crise, mais aussi à ce manque de projets démarrés des années auparavant. Il a fallu tout réorganiser à ce niveau.

Au niveau des services municipaux, c’est également avec effarement que nous avons découvert un manque d’analyse critique du service rendu. Il est légitime pour des élus de poser la question du coût d’une action, ne serait ce que pour la développer. Combien coûte un enfant dans une école ? la restauration scolaire ? la crèche ? l’ecole de musique ? le cinéma municipal ? mais pas le coût direct uniquement. Tous les coûts induits (fluides, personnels) sont à prendre en compte.

Rien, le néant ou presque. Tout au plus quelques approximations.

Il nous a fallu donc mettre en place un contrôle de gestion qui aurait dû exister depuis 20 ans. Quitter l’indolence et interroger chaque poste de dépense a été difficile, surtout avec l’arrivée de la crise de 2008 à laquelle Voreppe n’était visiblement pas préparée.

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Comptabilité analytique : exemple sur les dépenses liées au fonctionnement de la piscine

La mise en place d’une comptabilité analytique, processus structurant mais dont les fruits mettent plusieurs années à pousser, nous permet désormais de connaître nos postes de dépense, de faire des choix cohérents et argumentés, quittant la réponse à la demande individuelle subjective. Elle permet désormais de construire des budgets dont les impacts en cascade sont identifiés et de nourrir le plan pluriannuel d’investissement en tenant compte des coûts de fonctionnement induits.

Enfin, une mairie ce sont des hommes et des femmes. Là aussi, indolence et manque de suivi. Aucun bilan social ne nous permettait d’anticiper sur le moyen terme les départs à la retraite. Un régime indemnitaire déficient pour les agents des catégories inférieures et des primes calculées sur des bases historiques qui pouvaient plus faire penser à des arrangements particuliers qu’à la réponse adéquate au service public. Ajoutons là-dessus des contrats précaires – nous avons là-dessus aussi anticipé une loi désormais votée – mais aussi des contrats illégaux (OUI, illégaux !!) qu’il a fallu régulariser.

Dans une campagne, on peut faire rêver, parler des projets. Mais ceux-ci ne valent que si la machine n’est pas grippée et est gérée correctement, que l’on soit élu-e ou non lors des élections suivantes. 20 ans de laisser-faire, de réponses à des intérêts particuliers, avaient mis à mal notre commune. Ce mandat n’a pas été de trop pour rétablir la situation et structurer son action  au service des Voreppins, de l’investissement comme du service rendu.

C’est à se demander où l’argent est passé quand il n’y avait pas la crise ….

Carrière

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