La dette…

La responsabilité de l’Etat en matière d’endettement et la situation à Voreppe

La dette…

Michel BERGER

Michel BERGER

Indiscutablement le sujet du moment, il revient de manière inéluctable dans beaucoup de conversations, et certains pensent que seul le choix de l’austérité s’impose.

Faut-il céder au chantage du dogme de l’excès de dépenses publiques ou voir l’évolution brutale des dernières années sous un angle un peu différent ?

Au cours des 10 dernières années, si le montant de la dette est passé de 63% à 89 % du PIB, c’est le fait, d’une part de la crise économique, qui ajoute à la crise des finances publiques celle de la finance privée.

C’est d’autre part le résultat des choix fiscaux qui ont été faits : les recettes fiscales ont baissé à la fois par la diminution des taux (impôts sur les revenus, sociétés, successions, etc.), et la multiplication de niches fiscales, et le plus souvent au profit des ménages les plus aisés.

Dans le même temps, les rémunérations et les revenus des plus aisés augmentaient dans des proportions impressionnantes : entre 2004 et 2007, le nombre de contribuables dépassant les 100 000 € de revenus annuels déclarés augmentait de 28 %, allant même jusqu’à 70 % pour les revenus supérieurs à 500 000 €.

L’impôt sur le revenu est le parent pauvre de notre système fiscal. Les réformes successives ont abaissé son niveau de quelque 6 milliards, ne rapportant plus que 52 milliards, contre 224 milliards pour la TVA.

C’est donc le consommateur plus que le contribuable qui assure le financement de l’État.

Il ne faut donc pas réduire le discours sur le poids de la dette au seul critère de réduction de la dépense publique, sans avoir imaginé une réforme fiscale socialement plus juste.

Pour ce qui concerne la commune de Voreppe, les ratios d’endettement sont satisfaisants (deux fois inférieurs à la moyenne nationale des communes de population équivalente), et les emprunts qui seront nécessaires pour réaliser les investissements prévus n’affecteront cette capacité que de manière très limitée.

Michel Berger, pour le groupe Voreppe Avenir – Septembre 2012

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Une réponse à La dette…

  1. @La2oo9 dit :

    Merci pour cette lecture qui a le mérite de prendre de la hauteur de vue par rapport à une communication de campagne inutilement agressive et qui de surcroît, d’après ma propre analyse, repose sur des incohérences graves que j’ai relevées dans une série d’article.

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